Carnets Jurassiens

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Des réseaux d’initiative citoyenne pour les Oubliés du Très Haut-Débit ! / Épisode 6

De, par, pour l’économie locale

Le vendredi 26 août 2016, par Bernard Roux

En tant qu’initiative locale, d’essence privée, la “Fruitière” du Très Haut-Débit s’inscrit dans un cadre où l’intérêt personnel rencontre l’intérêt général. C’est une réponse économique et solidaire à la fracture numérique que porte en lui le Plan France Très Haut-Débit. Par-delà les implications durables de choix technologiques dérisoires, pourtant entérinés par les décideurs publics, se pose la question de l’absence programmée de retombées directes et immédiates, pour l’économie locale, de cet investissement financé au nom du contribuable. La démarche coopérative portée par la “Fruitière” du Très Haut-Débit, véritable projet de territoire, replace naturellement cette question au centre du débat.

Un petit programme de relance locale ?

Pour s’assurer de la bonne compréhension des sommes en jeu, il faut avoir à l’esprit que sur un territoire intercommunal qui compte environ 10000 habitants, on y recense plus ou moins 5000 foyers.

Autrement dit, le déploiement de la fibre optique dans cet espace rural, pour raccorder tous ces foyers, reviendrait à 15 millions d’euros. Pour ce faire, il conviendrait d’enfouir quelques 1000 km de fibres. En confiant le travail à 20 binômes, soit 40 travailleurs, les travaux seront achevés en une année. Cela représente 10% du coût total du déploiement. En admettant qu’un tiers de ce coût du travail soit affecté aux cotisations sociales, il est raisonnable d’estimer qu’environ 1 million d’euros sont injectés immédiatement dans l’économie locale à travers les salaires et la marge des entreprises.

En cette période d’atonie économique, cette opportunité financière temporaire peut constituer pour bon nombre d’entrepreneurs locaux, un bol d’air financier nécessaire et pour le commerce local, une manne significative. Elle ne résout pas tous les problèmes mais peut contribuer à relancer ponctuellement l’économie locale. Les plus fatalistes diront que ce “petit plus” est mieux que le “rien” que propose aujourd’hui le PFTHD !

De toute manière, il est toujours préférable de voir l’argent local circuler localement plutôt que d’être stérilisé dans les actifs d’entreprises multinationales !

212X128 Source : freshidea / fotolia.com

Un plan de formation pour réussir le déploiement et préparer l’avenir

L’une des conséquences immédiates du PFTHD est l’insuffisance, sur le marché du travail, au plan national, de personnel qualifié dans le domaine de la pose de fibre optique. Cela impose à la “Fruitière” du Très Haut-Débit d’établir un plan de formation pour les employés des entreprises de BTP, les électriciens, les agriculteurs et les éventuels demandeurs d’emploi mobilisés. Cela consistera à délivrer des certifications reconnues par la profession.

Ces formations doivent permettre, une fois le territoire irrigué par la fibre optique, aux entreprises locales de répondre à des appels d’offre au-delà de leurs frontières et aux personnes qui le souhaitent de répondre à d’éventuelles offres d’emplois, locales ou extérieures.

La formule coopérative contribue alors à permettre aux entreprises et aux salariés d’acquérir des “avantages comparatifs” qui leur ouvrent de nouveaux marchés tout en devenant immédiatement compétitifs. Il leur incombe ensuite de se positionner dans les temps et à anticiper. A nouveau, les plus fatalistes diront que ce “petit plus” est mieux que le “rien” que propose aujourd’hui le PFTHD !

Construire les services aux personnes et aux entreprises

L’intérêt de la fibre optique et du Très Haut-Débit réside dans les usages qu’il est possible d’en faire. Cela implique que des services soient proposés.

L’existence d’un véritable réseau territorial va permettre de créer des "centres de ressources” [1] qui accueilleront des “mini-datacenter" qui proposeront des services de “cloud” privé et des solutions logicielles hébergées. Disposant du Très Haut-Débit, ces locaux feront office de “centres d’affaires” avec un secrétariat partagé, une salle de réunion, des bureaux et un espace de visioconférences. Il sera possible d’y rattacher des casiers de collecte et de livraison à disposition d’entreprises de messagerie. En outre, il servira de pôle de mutualisation de services publics traditionnels et de “télé-services” à la personne (télésurveillance, maintien à domicile, etc …).

De tels pôles nécessiteront localement des compétences nouvelles et des besoins techniques qui pourront être couverts par des entreprises locales. Dans ce cas de figure, les retombées économiques prendront aussi bien la forme d’emplois spécialisés implantés localement que celle de la “plus-value”, en termes de services, engendrée par la présence de la fibre optique.

Les retombées locales du projet de “Fruitière” du Très Haut-Débit, telles qu’exposées précédemment, ont vocation à illustrer le fait que l’intérêt économique et social de cette démarche est aussi bien immédiat que durable. Ce sont ces perspectives qui sont condamnées si la résignation s’ajoute à la relégation !

Pour entamer la saison 3 du feuilleton “Un réseau d’initiative citoyenne pour les oubliés du Très Haut-Débit”, le prochain épisode convoquera un oiseau bleu au rendez-vous de son histoire !

Notes :

[1] Sur ce point, la “Fruitière” du Très Haut-Débit, si elle a vocation à répondre aux besoins de services de ses coopérateurs, n’a pas pour objet de gérer de tels centres de ressources. En revanche, il lui incombera de trouver des partenaires capables de les faire exister. Des négociations pourront être entreprises dès qu’il sera acquis que le réseau existera, c’est-à-dire quand le schéma technique sera définitivement validé.

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