Carnets Jurassiens

Les Carnets Jurassiens s’intéressent à la vie économique, politique, sociale, culturelle et environnementale du Jura d’abord, de la Franche-Comté ensuite - plus loin encore si nécessaire !
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Des réseaux d’initiative citoyenne pour les Oubliés du Très Haut-Débit ! / Épisode 4

La “Fruitière” du Très Haut-Débit !

Le vendredi 12 août 2016, par Bernard Roux

Les lecteurs l’auront compris, la “saison 1” du feuilleton “Un réseau d’initiative citoyenne pour les oubliés du Très Haut-Débit” avait les atours d’un rapport à vocation pédagogique.

Ceux qui savent, ou qui prétendent savoir, n’auront sans doute rien appris de nouveau. Pour les autres, ils savent désormais qu’ils avaient tort de ne pas s’y intéresser. Ils savent également comment et à quoi vont être utilisés leurs impôts !

Ce nouvel épisode ouvre la “saison 2” du feuilleton. Ce sera le temps des propositions. Celui où sera ouvert un chemin, de traverse sans aucun doute, où la résignation fera place à l’audace et à l’inventivité.

En route pour la “Fruitière” du Très Haut-Débit !

Jouer le jeu du libéralisme, Chiche !

Dans un présent façonné aux couleurs du libéralisme, réel ou présumé, assumé ou masqué, voulu ou imposé, l’avenir ne s’écrit pas à l’encre des promesses sympathiques, dans le confort des certitudes de modèles essoufflés.

Le modèle libéral, dans toutes ses acceptions, porte en lui asservissement et émancipation. Le réalisme, le pragmatisme et la créativité sont les derniers atouts au service des plus démunis pour concourir à cette émancipation. Sous leurs auspices ont émergé, dans les campagnes, les “Communs”, les CUMA et autres coopératives agricoles. En Franche-Comté mais ailleurs aussi, en Savoie par exemple, les Fruitières ont donné aux petits producteurs de lait les moyens de devenir fromagers et ainsi d’améliorer leurs conditions matérielles pour devenir plus libres.

Dans une société prétendument collaborative, en passe de supprimer les intermédiaires, où s’épanouit un capitalisme de niche et de spécialisation animé par une myriade d’entrepreneurs indépendants, notre monde rural a déjà de l’avance ! C’est mal connaître un pays que d’ignorer que l’économie collaborative est dans l’ADN des campagnes ! La technologie formalise - cela sera évoqué plus longuement et plus tard - les habitudes de consommation des habitants de la “France profonde”. Comment ne pas comprendre que le modèle coopératif porte en lui la molécule du remède au mal français énoncé durant la “saison 1” ?
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La puce à l’oreille, l’eau à la bouche et…
Illustration : Palix

Plus qu’une fruitière, un projet de territoire !

Jura 3i regarde l’aménagement numérique comme le ferment du développement local de demain. C’est aussi un prétexte, une occasion, pour redonner du souffle aux projets de territoires. De ce point de vue, l’aménagement numérique ne peut plus seulement être le “fait du Prince”. Parce qu’il s’inscrit dans un contexte de politiques publiques frappées des sceaux du renoncement et de la relégation, il doit impliquer tous les utilisateurs. Les particuliers, les entreprises et les pouvoirs publics locaux doivent être partenaires.

Ensemble, ces acteurs pourront mettre en commun des moyens financiers pour construire leur réseau de fibre optique. Ensuite, ils pourront décider souverainement du schéma technique avec un tracé rationnel et des technologies évolutives afin de proposer un réseau ouvert et adapté aux enjeux des services numériques qui se profilent, plutôt qu’aux seuls intérêts d’opérateurs aux tentations monopolistiques.

Ils pourront librement confier aux entreprises locales du BTP, aux électriciens, aux antennistes et aux agriculteurs le déploiement de ce réseau local. L’argent privé local bénéficiera directement à l’économie locale.

Concrètement la “Fruitière du Très Haut-Débit” consiste en une Société Coopérative d’Intérêt Collectif (SCIC). Cette forme juridique permet de construire un projet territorial impliquant les acteurs d’un espace donné (correspondant par exemple au territoire d’une Communauté de communes). C’est une entreprise privée, financée sur les deniers de ses sociétaires. Cette SCIC - donc les coopérateurs - sera à la fois propriétaire du réseau déployé et opérateur de ce réseau activé.

Cette formule permet :
- d’instaurer une péréquation entre les zones les plus denses et celles plus dispersées.
- aux particuliers de choisir des services à la carte (Internet/télévision, Netflix, télévision type Molotov.tv, télésurveillance, …)
- aux entreprises de disposer de services de type “cloud” : sauvegarde des données, hébergement des serveurs de l’entreprise dans un datacenter de proximité, mutualisation de compétences et de services informatiques (exemple : téléphonie d’entreprise avec fonctions téléphoniques avancées et standardiste).
- aux collectivités locales associées à la coopérative de se constituer un réseau privé pour interconnecter toutes les mairies de la Communauté de Communes, mettre en place une vidéo-surveillance du domaine public intercommunal associant des prestataires de proximité pour avertir la gendarmerie en cas d’incident.

Le financement de ce type de réseau s’inspire du modèle d’acquisition des smartphones proposé par les opérateurs mobiles. En effet, il ne suffit pas de souscrire à un abonnement pour bénéficier du haut-débit mobile (3G/4G), il faut également acquérir un appareil dont le prix se situe entre 200€ et 900€ et la durée de vie n’excède pas 3 ans ! Dans le cas de la fibre optique, il s’agit d’un investissement dont l’amortissement est calculé sur 20 ans. Dans la pire des hypothèses retenues, le prix unitaire d’un raccordement à la fibre optique est estimé à 3000€.

Jura 3i propose aux utilisateurs d’acheter leur raccordement à la fibre optique.

Le prochain épisode présentera les modalités financières imaginées pour sortir de l’ornière du “très mauvais débit”.

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