Carnets Jurassiens

Les Carnets Jurassiens s’intéressent à la vie économique, politique, sociale, culturelle et environnementale du Jura d’abord, de la Franche-Comté ensuite - plus loin encore si nécessaire !
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Des réseaux d’initiative citoyenne pour les Oubliés du Très Haut-Débit ! / Épisode 1

Il était une fois ….

Le vendredi 22 juillet 2016, par Bernard Roux

Après une mobilisation importante, en 2004 et 2005, la commission “Numérique” de Jura 3i s’était mise partiellement en sommeil. Compte-tenu d’un certain nombre d’éléments nouveaux, en 2015, elle a décidé de reprendre ses travaux.
Ainsi commençait un feuilleton qui conduirait Jura 3i à imaginer un modèle économique alternatif pour le déploiement de la fibre optique dans la France des campagnes !
Rien que ça !

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Des fées penchées sur le berceau du Très Haut-Débit

En 2004 et 2005, la commission “Numérique” de Jura 3i avait participé à la rédaction de l’étude “TICA.39” commandée par le Conseil général du Jura et avait été sollicitée concernant les propositions de déploiement de la Fibre optique pour l’ouvrage “Quand le Jura s’éveillera”. Eu égard aux décisions prises par la collectivité départementale en la matière, ce groupe de travail s’était mis partiellement en sommeil.

Depuis lors, les personnalités mobilisées continuaient, dans le cadre d’un travail de veille technologique, à échanger, notamment à propos l’évolution de la situation dans le Jura.

Les prises de position et les orientations définies par les élus du Conseil général du Jura en 2012, indiquaient une inflexion conforme aux recommandations anciennes de Jura 3i. Celles-ci portaient sur la nécessité de déployer partout, et pour tous, un réseau de fibre optique et sur l’opportunité de prendre appui sur le Syndicat Intercommunal D’Électrification et d’Équipement Collectif du Jura (SIDEC) pour assurer déploiement et gestion.

Une princesse qui devient crapaud

Plus tard, à l’automne de la même année, face à l’échec commercial du réseau Connectic 39 [1] - financé par le Conseil général du Jura et géré par une filiale d’Eiffage - et devant l’imbroglio judiciaire provoqué par la décision unilatérale de l’entreprise délégataire de rompre son contrat, le groupe de travail constatait amèrement que la déconfiture avait atteint un niveau bien supérieur à ses hypothèses les plus pessimistes.

Jura 3i avait vivement déconseillé la gestion du réseau départemental via une délégation de service public (DSP) de type concession, préférant un mode de gestion par régie.

Il faut reconnaître que le Jura a joué de malchance dès le début de la mise en place de cette DSP. Celle-ci devait s’inscrire dans le cadre d’un partenariat plus large avec le concessionnaire de l’autoroute A.39, qui était SAPRR. C’est à cette période que SAPRR a été vendue au Groupe Eiffage (pour devenir APRR) pour lequel la gestion d’un réseau de télécommunication n’était pas une priorité. Le coup était parti de travers !

Toujours mieux que rien !

Ce n’est qu’à partir de 2015, quelques mois après la désignation, par ce qu’on appelait encore Conseil général du Jura, d’un nouvel exploitant pour la gestion et l’optimisation du réseau construit dans le cadre de Connectic 39, que l’équipe de Jura 3i s’est remise à l’oeuvre.

Sans le savoir, l’équipe de Jura 3i empruntait un chemin qui la conduirait à imaginer un modèle économique alternatif pour le déploiement de la fibre optique dans la France des campagnes. Il est apparu rapidement que les arguments développés durant la décennie passée étaient totalement d’actualité. Sur la base des recommandations de la Commission européenne, la notion d’accès au Très Haut-Débit implique deux conditions :

  • disposer de débits symétriques (aussi rapides à l’envoi qu’à la réception de données)
  • profiter d’une vitesse de transmission d’au moins 30 Mbits à la seconde.

Pour respecter ces conditions dans les zones dispersées et faiblement peuplées, comme il s’en trouve tant à la campagne, il est indispensable de recourir, comme le prêchait Jura 3i il y a 12 ans, à la fibre optique.

A ce jour, dans le cas du Jura, le Département a investi 16 Millions d’euros et, malgré les déboires de l’aventure Connectic 39, il hérite aujourd’hui de :
- 482 km de fibres optiques (334 km construits + 148 km loués à APRR)
- 51 antennes WiMAX déployées pour couvrir les zones non-éligibles à l’ADSL [2]

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Le réseau issu de Connectic 39, dans sa partie fibre optique, a permis l’opticalisation et le dégroupage de 47 noeuds d’interconnexion téléphoniques (NRA). Pour bon nombre d’abonnés jurassiens, cette configuration ne leur permet pas d’accéder à du Très Haut-Débit. Pour profiter de débits symétriques de 30Mbits, il faut habiter à moins de 800 mètres de ce local de raccordement !

Retour vers le futur ?

C’est sur la base de ces données que le Conseil départemental du Jura a élaboré un nouveau projet en vue de déposer un dossier dans le cadre du Plan “France Très Haut-Débit”. Il ressort de ce document qu’en 2022, seuls 75% des jurassiens auront accès au Très Haut-Débit sur fibre optique (fibre jusqu’à l’abonné). 25% des foyers et entreprises jurassiens ont donc été exclus d’office de ce déploiement ! [3]

Au regard des objectifs définis par le Plan “France Très Haut-Débit” (PFTHD), le cas du Jura n’a rien d’exceptionnel. Si l’on s’en tient aux éléments disponibles en ligne, fort est de constater qu’il a été acté qu’en 2022, 20% des habitations du territoire national ne seront pas concernées par le Très Haut-Débit via fibre optique.

La notion de “plan” gouvernemental, pour une génération qui a été nourrie au lait du volontarisme politique de l’Etat, pouvait laisser sous-entendre un interventionnisme direct, ferme et déterminé de l’Etat à propos de l’aménagement numérique de la France, au service de la Nation et des citoyens. En réalité, le PFTHD est un patchwork d’initiatives privées et d’initiatives publiques locales qui fait l’impasse sur la question de la péréquation territoriale.

Le prochain épisode reviendra longuement sur ce Plan “France Très Haut-Débit”.

Notes :

[1] Un article, paru en octobre 2012 sur le site www.zdnet.fr résume bien la situation : http://www.zdnet.fr/actualites/rese... En outre, le rapport 2011 du délégataire Connectic 39 vient préciser quelques chiffres : http://p7.storage.canalblog.com/76/...

[2] Aujourd’hui, le déploiement WimAX a été arrêté car, d’une part l’évolution des débits proposés s’avère très inférieure aux promesses des fabricants de matériels et, d’autre part, les logiciels informatiques disponibles pour modéliser sur ordinateur la couverture attendue d’une antenne se sont avérés beaucoup trop optimistes et la réalité sur le terrain bien en deçà.

[3] De ce point de vue, l’expérience jurassienne est forte d’enseignements concernant les limites et le leurre que constitue la promesse de montée en débit sur cuivre ! Un prochain article reviendra plus longuement sur la question de ce qui est appelé pudiquement “la fibre au village” et “la fibre au quartier” !

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