Carnets Jurassiens

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"We can !"

Relancer la promotion sociale, un défi urgent...

Le lundi 25 janvier 2016, par Bernard Roux

Le professeur d’économie Pierre-Noël Giraud, dans son dernier livre « L’homme inutile » explique avec conviction que les exploités ont laissé la place aux homes inutiles. Ainsi l’auteur analyse les conditions et les effets de la mise en place de trappes d’inutilité qui frappe tout particulièrement les jeunes.

Cela est singulièrement vrai en France. Vincent Giret dans « Le Monde » du 23 octobre 2015 accuse : « Aucun autre pays développé n’a ainsi abandonné sa jeunesse. Un million des 18-29 ans vivent sous le seuil de pauvreté, 24% sont chômeurs et quand ils sont parvenus à arracher une place, la moitié d’entre eux sont en contrat précaire. »

Livres et articles se multiplient pour décrire cette désespérance, aggravée par la faiblesse des réponses apportées – elles-mêmes minées par des motifs circonstanciels manquant de hauteur de vues. Comment créer une dynamique quand on manque autant de souffle ? L’actualité de janvier 2016 n’inspire pas les observateurs qui n’en finissent pas de ressasser « On a tout essayé… », de rappeler tous les dispositifs inventés depuis la fin des années 1970, que ce soit à droite ou à gauche !

Dans ce contexte, revisiter le concept de promotion sociale constitue un exercice utile. A cet égard, les travaux menés depuis une quinzaine d’années par le professeure Françoise Laut et ses équipes sont quasi exhaustifs et éclairants.

L’expression « promotion sociale » est rentrée dans le droit positif en 1959 à travers deux lois (31 juillet et 28 décembre). Elle n’a pourtant pas fait l‘objet d’une définition précise tout en permettant à la délégation générale de la promotion sociale de mener une politique de coordination à la fois inter-administrative et très expérimentale.

Placée auprès du Premier ministre, comme le fut la Datar dans le même temps, elle jouit au départ du contexte favorable des Trente Glorieuses. Le contexte actuel (panne de l’ascenseur social et effets négatifs de la globalisation dans le domaine des ressources humaines) ne se prête plus aux grands desseins politiques du gouvernement gaulliste de l’époque. Les pessimistes retiendront que ladite délégation n’a fonctionné que de 1959 à 1967, tout en ayant néanmoins à son actif la première grande loi sur la formation professionnelle du 3 décembre 1966 – préface elle-même de plusieurs textes fondateurs.

Bien plus, une fiche technique éditée fin 1967 par « Peuple et culture » analyse les difficultés rencontrées, les moyens rabotés, « les cloisonnements administratifs, les rivalités des formateurs, la coalition des médiocrités » (sic).

N’en jetez plus, la cour est pleine ! L’ambition de la promotion sociale était de couvrir trois domaines : la formation professionnelle des adultes, la formation économique et sociale des travailleurs appelés à exercer des responsabilités syndicales, les activités de loisirs.

En fait, il s’agissait plus de la formation d’adultes en activité et dont le perfectionnement était exigé par les nécessités de l’économie. Il n’y avait pas encore le chômage massif. Les prises de conscience étaient longues.

Mais une dynamique créatrice avait saisi certains acteurs, rendant le bilan plus aimable. Ce fut surtout le fait des ministères autres que les deux grands du Travail et de l’Éducation Nationale.

Ainsi, le ministère de l’agriculture fit preuve d’originalité à travers la promotion socioculturelle, véritable opération de synthèse des problématiques rencontrées sur le terrain, à travers : des structures annexées aux lycées et collèges agricoles ; le recrutement et la formation particulièrement soignée des formateurs et éducateurs ; la mise en œuvre d’une combinaison de méthodes.

Les réalisations du ministère des Armées retinrent l’attention car « en 1962 on estimait que 40% des recrues ne dépassaient pas le niveau du certificat d’études primaires ». On institua des officiers-conseils, on organisa des sessions de rattrapage au niveau du CEP pour 23 000 soldats, sans compter les 12 000 qui bénéficièrent en 1966 de cours de perfectionnement de niveau élevé. A cela s’ajoutèrent les 1500 clubs de loisirs éducatifs.

Enfin, les associations d’éducation, populaire surent jouer trois cartes gagnantes : l’imagination, l’impulsion, l’innovation – sources d’une ambiance humaine très riche.

À reprendre dès maintenant. « Yes, we can ! »

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