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Thierry Rousseau, le passeur de l’image

Le dimanche 6 décembre 2015, par Bernard Roux

Thierry Rousseau incarne plus que jamais le Centre franc-comtois du Cinéma (CFCC), devenu accidentellement l’Institut régional multimédia (IRRIM. Et cela depuis qu’il y est entré en 1986, soit deux ans après la fondation de cette structure pionnière par Claude Laurent.

Claude Laurent ne pouvait qu’être séduit par le jeune Thierry, né à Dole et ancré depuis toujours dans l’ancienne capitale de Franche-Comté. Il n’en n’est pas pour autant prisonnier puisque, à peine sorti du lycée, il se lance en solo dans un parcours initiatique en Europe centrale et orientale. Il raffole de la Pologne où il visite l’école de Lods.

Un homme de culture... européenne

Il rencontre Piotr Smolnar, Kielowski le subjugue, etc. Hongrie, Tchécoslovaquie (nous sommes alors dans l’Europe du Mur de Berlin) l’enchantent. Il devient un homme de la Mitteleuropa, foyer extraordinaire de la culture européenne du 19e siècle. On y embrasse tous les arts, toutes les écoles et on y fait tomber les frontières.

Lire Kafka, Musil - parmi d’autres - marque Thierry Rousseau le voyageur. Bien d’autres ne lui sont pas étrangers, tels les auteurs russes au premier rang desquels Dostoïeski, son favori. De son parcours initiatique, géographique et intérieur, il retient les écrivains des grands espaces naturels et humains, américains par exemple.

Un bureau de tournage avec supplément d’âme

À son retour, le Jurassien fréquente les MJC de Dole et Lons, en plein éclat, où il se fait remarquer. Sa passion littéraire nourrit ses qualités, toujours réelles et vivaces trente ans après, d’imagination et d’émotion sans lesquelles il n’y a pas de passeur !

Intuitivement, il sait qu’il faut être « poète et guerrier » selon le conseil de l’un de ses maîtres, René Char. Et pourtant, c’est un doux qui s’investit pleinement dans le domaine de l’image et non des images. Cela veut dire qu’en animant le bureau de tournage créé au sein du CFCC il sait comment naît l’image. Ensuite, enseignant dans des établissements d’éducation ou autres lieux culturels, il devient un véritable grammairien de l’image.

En autodidacte, plus construit que bien de ses congénères issus du parcours classique, Thierry Rousseau se fait anthropologue de l’image. Walter Benjamin et Jacques Rancière figurent parmi ses inspirateurs. « L’image pensive » définie par l’auteur du « Spectateur émancipé » résonne en Thierry. Être passeur, c’est permettre l’émancipation du spectateur, de développer « sa capacité de voir ce qu’il voit et de savoir quoi en penser et quoi en faire. »

Disponible pour l’écoute et pour la parole

Pour entrer dans cette voie, il faut, comme Thierry Rousseau, être disponible, et pour l’écoute, et pour la parole. Ce n’est pas donné au plus grand nombre. Des productrices comme Dominique Antoine et Clara Ford ont apprécié la collaboration de cet homme discret et réfléchi. Un Jérôme Clément au cours d’une rencontre parisienne a été séduit par ce « provincial » bien armé !

Et réalisateurs comme auteurs sont nombreux à lui témoigner leur considération. Il en est de même des intermittents du spectacle que le responsable du bureau de tournage a su gérer et comprendre dans le cadre d’une convention avec le Pole Emploi.

Qu’il s’agisse des idées, des projets et des outils, le Jurassien de Dole est toujours ouvert. Il en connaît souvent les difficultés mais aussi les… lumières ! Bien sûr, le multimédia l’interpelle. Il ne partage pas toutes les modes mais, s’il se trouve en confiance, il peut aller beaucoup plus loin que ce que l’on sollicite de lui.

C’est pourquoi il est temps que Dole récupère son bureau de tournage. Il est temps parallèlement que l’immense culture littéraire et le savoir-faire professionnel de Thierry Rousseau ré-enchantent l’image quel que soit son support de diffusion.

Ah ! on allait oublier… Thierry ne conduit pas car il prend ainsi le temps et le soin de découvrir visages et paysages.

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