Carnets Jurassiens

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Pavé dans la mare

L’évêché se restructure à Poligny

Le vendredi 27 novembre 2015, par Bernard Cabiron

Après un long passé sanclaudien, l’évêché du Jura, désireux à l’époque de se recadrer dans le département, déménagea à Lons il y a près d’un siècle, d’abord sur la colline de Montciel, puis rue du Colonel Mahon où il habite encore. Plus pour longtemps semble-t-il, puisque l’acquisition de la maison des Soeurs du Saint-Esprit doit lui permettre de faire sa rentrée 2O16 dans la capitale du comté. Un transport géographique – et symbolique – qui n’est pas sans engendrer quelques remous.

Même si, depuis deux ans, beaucoup l’avaient apprise par confidence, la chose ne se savait pas. Entre-temps, signe qu’il y avait déjà péril en la demeure, les services diocésains du Mont Roland clôturaient leur activité.

Bien que la nouvelle n’en fût donc plus une pour beaucoup, la publication, autorisée il y a quelque temps dans la presse par Mgr. Vincent Jordy, de la proche installation de l’Évêché à Poligny constitue un joli pavé dans la mare. Doù le mécontentement d’une association frondeuse, les Amis de Montciel.

Il est clair que tant qu’elle "tournait", la Maison d’accueil de Montciel n’offrait pas matière à controverse. Où trouver en effet sur Lons, et même sur la région, lieu plus centré, plus fonctionnel, pour organiser ses journées de formation, colloques, rencontres, échanges et autres assemblées générales ? Où trouver surtout moins cher et plus tranquille ?

De fait, bien des gens du Jura et d’ailleurs fréquentent Montciel, invités par leur comité d’entreprise ou leur association, et ceci sans forcément connaître le passé de la vénérable demeure : jadis ermitage, puis école, enfin grand séminaire jusqu’en 1977. Par la suite, des dépenses importantes furent réalisées dans les bâtiments pour y aménager grande et petites salles de réunion, espace restauration, hébergement, archives, bibliothèque, antenne RCF, parking, incontournables mises aux normes.

Bref, tant qu’elle se portait bien, cette maison pour tous démontrait qu’il vaut toujours mieux se trouver à plusieurs sur une bonne affaire que seul sur une mauvaise.

Et voilà qu’on annonce aujourd’hui la fermeture imminente du site, avec mise en vente de la structure d’accueil, des quatre hectares de terrain descendant jusqu’à la voie ferrée, de l’immeuble de l’avenue Mahon, coeur administratif de l’évêché, moyennant l’abandon de la ville préfectorale.

Une telle refonte territoriale, explique l’évêque, permettra d’assainir les "finances fragiles" du diocèse en délestant celui-ci d’un "immobilier important, trop lourd à porter, et qui le sera de plus en plus à l’avenir".

Les locaux polinois, en revanche, seront plus réduits, mieux adaptés aussi aux changements à venir. Les biens à vendre étant estimés 1,6 million d’euros, et l’achat de la maison du Saint-Esprit représentant les 3/5èmes de cette somme, l’opération semble tout à fait jouable.

Du moins, précise Mgr Jordy, pouvons-nous l’espérer, ajoutant qu’il faut accueillir ce changement "pour que la cohérence et l’unité de notre Eglise diocésaine soient plus fortes, plus belles, afin que l’Evangile soit toujours mieux annoncé."

Certes, il est permis de voir à travers cette "délocalisation" un dessein aussi arbitraire que déraisonnable. Les amis de Montciel ne s’en privent pas, qui déplorent dans la volonté de l’évêque un manque de transparence et de franchise, la négation pure et simple de l’avis des fidèles, voire une trahison de l’histoire du diocèse. Et d’ajouter que la vente de Montciel (site escarpé par essence, loin du centre ville) est plus qu’aléatoire. De se demander enfin pourquoi déserter ce lieu où tant d’argent a été engagé, alors qu’il suffirait d’en modifier la gestion pour qu’il continue de fonctionner, hic et nunc.

Contre ces doléances de "conservateurs", Mgr Jordy entend maintenir le cap, mais sûrement pas de gaieté de cœur. Persuadé qu’il est urgent de sacrifier un bien pour en obtenir un meilleur (n’est-ce pas ainsi que nous devons agir parfois pour survivre ?), il pense qu’un tel compromis vaut mieux qu’une faillite... prévisible. Tout le monde n’a pas la chance, comme l’État, de vivre au-dessus de ses moyens. Après tout, l’évêché n’est-il pas, lui aussi, une entreprise qui doit songer à sauver ses meubles ? Quant au nombre des fidèles, prêts à croire, pratiquer et donner, est-il en extension ? Ce sont autant de raisons qu’on peut essayer de comprendre, par les temps qui courent.

Entre défis et opportunités, l’affaire est engagée. Souhaitons à chacun une bonne dose de tolérance mutuelle. Le diable n’a rien à voir là-dedans. Le bon Dieu, qui a tant à faire, probablement non plus.

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