Carnets Jurassiens

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Les malaises d’Alésia

Le samedi 22 août 2015, par Bernard Roux

Le 22 août 2015, Archéo Jura Sites organise une journée portes ouvertes particulièrement bien structurée entre les visites de ce vaste site historique de Chaux-les-Crotenay (39) et les conférences-débats faisant de cet oppidum jurassien le véritable Alésia. Le 11 juillet 2011, les Carnets Jurassiens s’en étaient fait l’écho sous le titre « Alésia la Comtoise ». Ils y reviennent pour souligner les ombres de l’histoire officielle qui ne manque pas de créer des malaises.

La science officielle, ennemie de l’histoire ?

La première ombre est dans la question : l’histoire doit –elle être officielle ou est-elle une science comme les autres capable de se remettre en cause en fonction de découvertes documentaires nées du hasard, de la recherche pluridisciplinaire, de l’utilisation de nouvelles technologies, etc. Bref elle participe au mouvement méthodologique des sciences du vivant. Ou elle est figée pour constituer un instrument « politique », ce qui est vraisemblablement le péché originel viciant la désignation d’Alisé-Ste-Reine comme le vrai site d’Alésia.

Le problème réside dans l’attitude des « fonctionnaires de l’histoire ». André Berthier, conservateur régional de l’archéologie du Constantinois, se fit connaître par l’ampleur et la sagacité de ses recherches et découvertes, et reconnaître dans les milieux savants. Jusqu’au jour où il s’intéressa à Alésia, développant une méthode originale dite du portrait-robot. Alors là, ce fut la curée comme beaucoup de milieux professionnels continuent à en connaître lorsqu’un « trublion » jette le doute sur les vérités les mieux assises ou prétendues telles.

C’est ainsi que des esprits éclairés comme André Malraux ou Jacques Duhamel donnèrent leur feu vert pour mener une première exploration. L’administration serra tous les freins… En 1964, André Berthier fut mentionné dans l’autorisation de fouilles signée par l’illustre André Chamson. D’emblée, le directeur régional des antiquités lui signifia par lettre qu’il n’allait rien trouver sur une zone « archéologiquement nulle ». Tout ceci est cruellement décrit dans de nombreux ouvrages dont celui de 1990 intitulé « Alésia », tout simplement (éditions latines). Les querelles sorbonnardes existent toujours, les jalousies professionnelles aussi mais toutes sont caractérisées par un orgueil mortifère – en incidente, beaucoup de nos débats actuels qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux sont frappés par cette maladie !!

Il arrive un moment où le mur se fissure et que la vérité officielle d’Alisé-Ste-Reine n’est plus aussi évidente. Mais là n’est pas le sujet de la chronique qui s’en tient pour l’instant à la notion de maladie.

Vercingétorix était-il stupide ?

Paul Claudel, en 1951, s’est rendu à Alisé-Ste-Reine, séduit qu’il était par le héros gaulois. Au retour, dans une lettre citée en 1958 par Jérôme Carcopino dans son livre « Alésia et les Muses de César, il écrit : »J’ai été moi-même à Alésia et si le récit de César est exact, il faut que l’armée gauloise pour s’y laisser enfermer ait eu à sa tête un homme d’une stupidité phénoménale. » Carcopino, ce maître français de l’histoire romaine enfonça le clou : « Et c’est d’Alésia, devant Alisé-Ste-Reine, qu’on mesure le mieux, et son impéritie, et l’envergure de César !! »

Stupeur dans les rangs, même si le contexte des années 1960, explique en partie la position Carcopino sur une hypothèse franc-comtoise sans compter qu’André Berthier Berthier n’était pas entré en scène.

Quoi qu’il en soit, il y eut malaise chez les historiens … Dans un article du journal Le Monde en date du 25 janvier 1967, Jean-Marie Dunoyer constate : »Toute la conception qu’on se fait communément de la résistance gauloise et des vertus stratégiques seraient à réviser. Un général d’armée qui a consacré temps et recherches au déroulement de la bataille conclut : « C’est en définitive le tacticien qui a battu le stratège tant il est vrai que la stratégie la meilleure ne peut arriver à un bon résultat si la tactique fait défaut. » L’honneur est sauf mais pas celui de la science officielle qui multiplie embûches et embuscades !

Le combat continue

C’est là l’œuvre de tous ceux qui ont rejoint André Berthier dans son travail et qui en avaient l’héritage. C’est une phalange de savants multidisciplinaires, d’ingénieurs spécialistes des sols et des infrastructures, des techniciens informatiques et numériques qui ont pris le temps de répondre à ces questions.

Archéo Jura Sites agit pour la conservation et la mise à disposition du travail d’André Berthier. Vaste programme sur un territoire présenté à André Berthier, par les fonctionnaires qui l’accueillaient, comme un…désert !

Pour terminer sur l’ironie d’une histoire qui n’en manque pas, en 2016 Alisé-Ste-Reine et Chaux-des-Crotenay appartiendront à la même région, soit Bourgogne-Franche-Comté. Qu’en sortira-t-il , La vérité ? Le fait qu’Alisé même dépouillée de son titre pourra optimiser les investissements touristiques faits par les collectivités territoriales…

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