Carnets Jurassiens

Les Carnets Jurassiens s’intéressent à la vie économique, politique, sociale, culturelle et environnementale du Jura d’abord, de la Franche-Comté ensuite - plus loin encore si nécessaire !
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Selon le New York Times, please !

Ski de fond made in Jura, c’est le paradis...

Le lundi 2 février 2015, par Bernard Cabiron

Quelle bonne surprise au pays des neiges, neiges non éternelles mais praticables ! Il faut que ce soit un Américain qui vienne nous dire, à nous gens du cru, que le Jura, plus réduit que le New Hampshire, offre un réseau de pistes de ski de fond égal à celui de la Nouvelle-Angleterre ! Et de nous en proposer – avec une ferveur tout terrain - le mode d’emploi dans son reportage "The Jura Mountains, a Cross-Country Wonderland", publié par le New York Times. Une façon de rappeler aux indigènes qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir ce qui est à portée de main.

D’abord, ce pays merveilleux, Andrew Brenner (l’auteur de l’article) n’hésite pas à lui donner ses dimensions précises en 3 D. Un tissage étonnant de 3.300 km, dont les voies, larges de 3m et parfaitement tracées, essaiment de part et d’autre des 160 km du massif, épine dorsale formant plateau à 1000 m d’altitude environ, à cheval sur la frontière franco-suisse, qu’on nomme "Grande Traversée du Jura".

Alors que cette artère centrale, parallèle au croissant de la chaîne de montagne, demanderait une semaine pour être skiée de bout en bout, l’ensemble du labyrinthe nécessiterait quelques années.

Agrémenté d’une carte et de photos (dont une, signée Gérard Benoît à la Guillaume), le reportage vaut comme carnet de bord d’un journaliste-skieur éprouvé, observateur, aussi curieux de nature intacte que d’isolement, prêt à arpenter une jolie portion du territoire avant de s’asseoir à son ordinateur pour en rendre compte, sans lésiner sur le détail et le concret. Résultat : une synthèse instruite, à l’enthousiasme communicatif, qui vous file l’envie de faire votre baluchon pour aller frissonner là-haut.

Brenner nous emmène ainsi de Giron (situé au sud) jusqu’aux Fourgs (terme nord du voyage), via la Combe d’Evuaz, la Borne aux Lions, le Crêt de Chalam, Les Moussières, La Pesse, la Forêt du Massacre, Les Rousses, Prémanon, le lac de Joux, le Mont Tendre, la Forêt du Risoux, Chapelle-des-Bois, Morbier, Mouthe, Métabief... pour ne citer que ces lieux notoires, tous inspirés, auxquels se rattachent une ascension pénible, une descente redoutable, une vue imprenable sur le Léman, les Alpes et le Mont Blanc, le plaisir toujours plus grand que la fatigue, les pauses bien sûr, la gastronomie locale, la veillée chez l’habitant, la nuit réparatrice, le confort d’un bon petit "bed-and-breakfast".

Chemin faisant, ses clins d’œil favoris pointent maintes localités inscrites au tableau d’honneur du ski français, villages parfois minuscules, mais miraculeusement extensibles en pleine saison (Chapelle-des-Bois par exemple), quand il s’agit d’héberger plusieurs centaines d’athlètes venus s’entraîner en fond, biathlon, combiné nordique, voire VTT.

Autant de boucles vedettes, rendez-vous de coupes du monde, ou départ de super compétitions, comme la Transjurassienne, course de plus de 70 km, ralliant Lamoura à Mouthe. Ce pays taillé pour les courageux, qu’ils soient amateurs de randonnées ou professionnels du sport, est le berceau de Fabrice Guy, Sylvain Guillaume, Jason Lamy-Chappuis, Sylvain Lacroix, pour ne citer que ceux-là.

Benner aime la région qu’il nous incite à découvrir ou à redécouvrir. On sent qu’il a pris le temps de l’explorer et de la connaître, que ce soit en affrontant la "bise", en franchissant la frontière, en coulant un long regard sur les choses immuables depuis certains belvédères, ou, récompense bien méritée, en dégustant une mémorable "boîte chaude" (alias Mont d’Or) avec ses pommes de terre et sa charcuterie fumée dans un "tuyé".

De ce pays de race qui le stimule et l’enchante, il retient pourtant bien plus que le seul rayonnement sportif, le désert de solitude et de froid. Pour lui, le massif jurassien garde une "authenticité rustique" qui se reflète dans la pureté naturelle de ses paysages, la stature imposante de ses sapins, ses fermes dispersées, la saveur de sa cuisine copieuse et familiale, sans oublier la sympathie de ses habitants, " who are among France’s most hospitable" : parmi les plus accueillants de France.

Mais il retient surtout, propre au "plateau", ce charme singulier, exclusif, qu’en son idiome des antipodes il nomme "laid-back", expression que notre langue vernaculaire peut rendre par "silence du grand large", soit une ambiance composée d’espace, de décontraction, de sérénité.

Au fond, quelque chose comme le bonheur de vivre au diapason de l’immensité, sans fil à la patte, avec une chance sur mille de rencontrer, sous un épicéa géant, un petit lutin de la montagne.

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