Carnets Jurassiens

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à Louhans jusqu’au 12 mai

Au jardin du pastel, selon Michel Tramblay

Le dimanche 5 mai 2013, par Bernard Cabiron

Ex-enseignant, homme de théâtre et peintre au quotidien, Michel Tramblay expose à la Tour Saint-Pierre (rue des Dodanes, à Louhans) jusqu’au 12 mai. Exécutés au pastel sec, ses tableaux, comme autant de parterres fruités, diffusent un joli morceau de soleil… par ces temps plutôt grincheux

Il n’ignore rien des fenêtres et disques circulaires de Dalaunay, rien du carré blanc sur fond blanc de Malevitch. On ne lui en remontrera pas sur les abstractions géométriques de Mondrian, pas non plus sur la monochromie de Klein.

Quant aux fameux noirs de Soulages, pour s’en être dûment nourri, il les a digérés depuis belle lurette, comme il a assimilé sans problème les Calder, Morris, Newman et autres Pollock... bref tous ceux qui, ces cent dernières années ont construit l’histoire de la peinture abstraite en rendant à la couleur son état primordial, en prononçant surtout, dans la lignée de Klee, que l’art ne reproduit pas le visible, mais qu’il rend visible.

N’attendez donc pas que Michel Tramblay vous tende au mur des géraniums en pots rose bonbon, des champs de coquelicots, des paysages vallonnés, de vieilles masures sous casquette de tuiles ou de ces bords de rivières dont regorge la peinture du troisième âge. Ne comptez pas sur lui pour ficeler un énième pacte de votre âme avec le bon Dieu, ni assortir vos bons sentiments avec les charmes inouïs de dame Nature. Et pourtant ! Pourtant, voilà un homme qui pourrait bichonner les plus aimables motifs, puisqu’il ne se définit pas comme artiste, mais comme "jardinier ".

le peintre en compagnie de Rozenn Caraès, sous-préfète de Louhans, lors du vernissage de l’exposition, vendredi 3 mai.

Du reste, en bon agnostique, il est heureux comme ça, ce besogneux de la terre. Et qu’entendons-nous ici par "terre" ? Le pastel : soit des pastilles de pâte constituée de pigments colorés (d’origine végétale), réduits en poudre, agglomérés et façonnés en petits bâtons. Ce matériau sans liant restant friable par définition, la technique toute digitale en est difficile, exigeante, si du moins l’on ne se contente pas de créations spontanées. Michel Tramblay ne peint qu’au pastel sec, matière appropriée à l’art abstrait, car permettant de larges aplats colorés à l’infini, ainsi qu’un affinement du trait au fur et à mesure.

C’est ainsi qu’il travaille, cherche et parfois "trouve" depuis vingt ans, non sans avoir presque aussi longtemps gardé le même format carré dans lequel tout – ou rien – peut advenir. Or, comment nommer ce qui se passe dans cette cage où Michel se libère plus qu’il ne s’enferme ? Osons quelques fléchages : C’est la base, l’être originel, le vivant courbé comme un cube, parfait, ivre, total, universel. Ou bien l’être en croix, l’être aux quatre bras : un pour les colonnes du ciel, un pour la lettre, un pour la lune, un pour le vent. Ou encore l’essieu du monde, la force, la base... et c’est reparti pour un tour. Cependant le labeur est considérable, les toiles sont belles, les masses et les tons subtils se répondent dans une vigoureuse harmonie de chimères... et ça chante diablement.

L’autre soir, lors de l’inauguration de ses toiles, Michel Tramblay, aimablement sollicité de dire quelques mots sur son aventure artistique, a évoqué une phrase de son père spirituel, sur laquelle il était tombé l’avant-veille : "Je n’ai jamais vu très clair en moi, écrit Camus, mais j’ai toujours suivi d’instinct une étoile invisible."

Autant dire que le peintre est loin d’en avoir fini avec soi.

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