Carnets Jurassiens

Les Carnets Jurassiens s’intéressent à la vie économique, politique, sociale, culturelle et environnementale du Jura d’abord, de la Franche-Comté ensuite - plus loin encore si nécessaire !
Accueil du site > Portraits > (Dans les pas de) Lulu Camp-volant...
  • Calendrier
«janvier 2013»
lun.mar.mer.jeu.ven.sam.dim.
123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
28293031

Aujourd'hui lundi 18 dcembre 2017

  • Infos
  • Dernière modification :
    Le samedi 9 décembre 2017
  • Statistiques contenus :
    Articles : 399 -  Brèves : 7
    Sites : 2 -  Auteurs : 17
  • Statistiques visites :
    Aujourd'hui : 478 -  Total : 524428
  • Article

Jurassien de l’année 2012

(Dans les pas de) Lulu Camp-volant...

Le mercredi 9 janvier 2013, par Bernard Cabiron

Homme d’Eglise atypique, mais rayonnant s’il en est, l’abbé Converset (dit Lucien, dit Lulu) a quitté Salins les Bains en mars 2o12 pour entreprendre – à pied – le pélerinage à Bethléem dont il avait toujours rêvé. Il devait y parvenir à Noël.

Mais las ! La sécheresse qui sévit en Macédoine et le manque d’herbe pour nourrir son âne l’obligent à attendre, quelque part en Serbie, le retour du printemps. Les lecteurs de la Voix du Jura viennent d’élire « Jurassien de l’année » ce prêtre aux semelles inspirées.

Grand, mince, tout en muscles et en nerfs, il y a quelque chose en lui du celtique résistant ou de l’anachorète de Basse Egypte. Pas le moindre signe d’embourgeoisement, rien de décati dans ce bonhomme qui ne s’est jamais rendu. Même les rides sont belles, parce que rides du sourire ou de la méditation. Bien sûr, les cheveux ont blanchi, la moustache de grand-papa aussi. Cependant, à 75 ans, l’âge où l’on est en droit de s’enterrer quelque peu, la charpente, l’allure énergique, le noble visage et l’âme qui tient tout ça ensemble continuent de faire de Lulu le prototype du prêtre de terrain, mélange devenu presque insolite de foi inébranlable, de vigilance active et d’ineffable bonté.

Le « Père » Lucien Converset (et Dieu sait s’il l’est pour une multitude de gens), cet apôtre des humbles façon Bernanos, cet sage très estimé bien au-delà du monde catholique, a exercé son demi siècle de sacerdoce dans le Jura, à Dole, Damparis, puis Salins les Bains. Durant sa vie entière, il a tenté de faire avec les forces en présence, partageant aussi bien la table des riches que celle des pauvres, oeuvrant avec cette conviction que si l’on ne peut changer le monde, on peut au moins en huiler les jointures.

Naïf, Lulu ? Que non ! Il a toujours pioché les sciences humaines avec autant de ferveur que la Bible, pour concilier modernité, progrès et société civile. C’est dire que si sa parole et son ardeur à faire vivre les autres témoignent d’une cohérence indéniable et d’un dynamisme à toute épreuve, c’est aussi parce que sa pensée n’a jamais cessé de s’instruire, pour mieux doper les espaces vides... ou souvent trop encombrés. Le reste est affaire de cœur. De ce côté là non plus, pas un pet de graisse.

La popularité qui entoure cet inclassable de la prière en acte lui vient donc de sa « bonne » turbulence. Car, né protestataire, il ne saurait être question pour lui d’en rabattre face aux problèmes des plus démunis, des sans-abri, des exclus, des malades et autres victimes de l’injustice.

Qu’il s’agisse de prises de position personnelles ou d’engagements dans le cadre associatif, son combat n’a certes pas manqué de faire froncer les sourcils à certains bien-pensants. En revanche, incalculable est le nombre de personnes qui lui savent gré d’être monté au front chaque fois que l’actualité rappelait cette évidence : Comment peut-on avoir bonne conscience dans un monde aussi dégueulasse ?

Alors prendre une retraite bien méritée, Lulu ? Vous voulez rire. Le 25 mars dernier (date de son anniversaire), Lulu quitte son village natal de Dampierre et s’éloigne d’un pas lent, en compagnie de son âne Isidore. Ainsi débute l’immense voyage qu’il a décidé d’entreprendre avec la ferme intention d’arriver pour Noël à Bethléem, "le lieu où est né Celui qui nous libère".

Ainsi, tandis qu’au même âge la plupart de ses contemporains aspirent à la planque, Lulu donne corps à un rêve aussi vieux que lui-même : marcher jusqu’au pays de la Nativité, en rencontrant ceux qui ne "laissent pas le monde tel qu’ils le trouvent" . Marcher pour se faire "trait d’union" entre ces êtres nouveaux et les innombrables fidèles qu’il a laissés au pays.

Marcher... Toujours remettre la machine en route, pour provoquer de la naissance.

Note : Crédit photos : http://luluencampvolant.over-blog.com blog en forme de chemin spirituel partagé.

  • Il n'y a aucune image...
  • Il n'y a aucun document...
  • Il n'y a aucun mot-clé...
  • Il n'y a aucun commentaire...
Suivre la vie du site RSS 2.0 | SPIP | Mgs MGS