Carnets Jurassiens

Les Carnets Jurassiens s’intéressent à la vie économique, politique, sociale, culturelle et environnementale du Jura d’abord, de la Franche-Comté ensuite - plus loin encore si nécessaire !
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Récit d’expériences...

La culture est dans l’humaine nature !..

Le jeudi 6 octobre 2011, par Arthur Poqrol

Au moment où le Conseil économique, social et environnemental de Franche-Comté reprend ses travaux - jadis remarqués - concernant la culture, au moment où beaucoup de décideurs politiques et autres marquent leur désarroi devant la crise, étant en panne d’idées et d’argent,au moment où l’éducation populaire amorce son retour tout comme les tramways, lingtemps honnis, réinvestissent les villes, donc les Carnets Jurassiens ont décidé d’ouvrir leurs pages à une série d’articles décrivant des expériences, celles-ci ouvrant des débats...

Cette initiative est d’ores et déjà portée par Roland Poquet, fondateur du Centre d’Actions Culturelles (CAC, loin du...40 !) de Douai, devenu très vite l’une des plus importantes Scènes nationales.

Bernard Roux

Roland Poquet est un retraité qui n’en est pas un - à la retraite, il préfère la conquête, en toute humilité. Avec ses 50 ans de théâtre inscrit à son compteur, ce passionné de chorégraphie contemporaine travaille en symbiose remarquable avec son épouse Bernadette.

Voici l’histoire d’une visite dans le Nord où les Ch’tis, ma foi, vivent des "choses" théâtrales laissant coi et pantois. Il était une foi(s)... (BR)

Balade sur les planches au pays des Ch’tis

Juin 2011. Je me risque dans le Nôôôrd afin de rendre visite à des amis, bien calés dans un village de 800 âmes et désireux de me faire découvrir la fête de fin de saison à laquelle, semble-t-il, ils ont activement participé. A l’entrée du village, je suis salué par une imposante banderole portant l’inscription suivante : « LOUIS XIV – GRAND SPECTACLE HISTORIQUE ».

Bigre ! Au chapitre des résurrections patrimoniales, celle-ci ne manque pas d’ambition ! Mais Il me faudra pourtant attendre le soir pour satisfaire ma curiosité, mes hôtes refusant de me livrer le moindre indice.

Le stade de la découverte

Vers 20h, direction du stade de football où se dresse un chapiteau de bonnes dimensions dont la partie gauche est ouverte à l’air libre et le fond affublé d’une scène d’une quinzaine de mètres de large. Après l’allocution d’usage du Président de l’association organisatrice, un acteur en habit grand siècle nous donne les premières clés : lors du siège de Douai en 1667, Louis XIV installa son armée sur ce territoire situé à portée de mousqueton de la ville, y tint ses conseils de guerre et, une fois la ville prise, participa aux réjouissances.

Les villageois sont les rois

Je scrute le fond du chapiteau : pas d’écran géant qui annoncerait un somptueux « son et lumière ». Que va-t-il se passer ? Assis dans le fond gauche, un autre acteur annonce : « la scène se passe à Saint Germain en Laye, chez Monsieur Jourdain, riche bourgeois – place à la musique, au théâtre et à la danse ! ». L’affaire prend une tournure inattendue : sur fond de « Bourgeois gentilhomme », le Roi apparaît, tout d’or vêtu, suivi de sa Cour, et assiste aux élucubrations de Monsieur Jourdain avant de danser lui-même sur le menuet bien connu de la pièce de Molière, accompagné en direct par un orchestre de « baroqueux » ; première surprise : le jeune danseur, comme tous ceux qui interviendront par la suite, habite le village et s’apprête à devenir danseur professionnel !

L’histoire reprend alors ses droits : le Roi, rôle tenu cette fois par un comédien amateur du village, convoque son Conseil et décide d’annexer les provinces de Flandre et d’Artois ; c’est la guerre de Dévolution qui verra l’actuelle partie nord de la France rattachée au Royaume.

L’histoire, c’est aussi de l’action

Sonnerie de trompettes : les spectateurs n’ont qu’à tourner la tête pour apercevoir au lointain le Roi et la Reine apparaître dans une rutilante calèche, accompagnés de la Cour et des Gardes à cheval ; cette arrivée dans le village ne passe pas inaperçue, de la gent féminine en particulier qui n’a d’yeux que pour la magnificence du jeune Roi – 29 ans, me souffle-t-on.

Nouveau Conseil du Roi, cette fois pour organiser le prochain siège de Douai. Suite aux premières escarmouches, l’assaut est donné et les échanges sont vifs : cavaliers, escrimeurs, canonniers, fantassins se livrent une bataille sans merci aux pieds des remparts de la ville de Douai, embrasant l’espace créé entre le chapiteau et une rangée de hauts peupliers. La garnison ne tarde pas à se rendre et les clés de la ville sont remises au Roi. La victoire est célébrée par un Te Deum. Danse des villageoises et feu de joie terminent la soirée. Deux heures de spectacle.

Quinze mois de préparation. 140 bénévoles. 900 spectateurs en trois soirées. Un public conquis.

Mes hôtes me doivent une explication. Une association s’est créée en 2007, avec le désir de révéler chaque année, à la population d’aujourd’hui, les événements marquants de son passé. Cette année, le choix s’est porté sur la présence de Louis XIV et de son armée dans la perspective du siège de Douai.

Il y a forcément un pilote dans l’avion ? Plusieurs pilotes, retraités du spectacle. De leur propre aveu la tâche est lourde et ne pourra être supportée encore bien longtemps.

Alors ? La suite ? Ou l’arrêt pur et simple après une montée en puissance de cinq années. Ou un encadrement de type professionnel en relation avec les structures culturelles existantes, dans la Communauté d’Agglomération par exemple.

Un pari sacré pour sensibiliser le "non-public" !

Mais les organisateurs tiennent à préserver le bénévolat : les frais entraînés par le spectacle ont été couverts grâce aux contributions renouvelées de la Commune, du Département, du Crédit Agricole et de quelques mécènes.

Qui financerait donc cet encadrement ? Un contrat liant les différents partenaires – structures professionnelles , unités territoriales et mécènes – pourrait être envisagé. Au-delà du cas particulier que présente le village, cette formule mériterait d’être mise au banc d’essai.

Un projet, une population homogène et volontaire, une équipe d’encadrement, un financement original : un formidable pari qui pourrait être une réponse à la question récurrente des acteurs de l’action culturelle : comment sensibiliser le « non-public » à la création artistique ?

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