Carnets Jurassiens

Les Carnets Jurassiens s’intéressent à la vie économique, politique, sociale, culturelle et environnementale du Jura d’abord, de la Franche-Comté ensuite - plus loin encore si nécessaire !
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Conférence du 15 juillet 2011 à Champagnole

Alésia la... Comtoise !

Le mardi 19 juillet 2011, par Bernard Roux

Champagnole a connu le 15 juillet l’un des événements culturels – sinon l’Evénement culturel – de l’été jurassien. Au sein de l’Oppidum, le bien nommé, assiégé par plus de 500 participants, fut célébré le cinquantenaire de la découverte de l’Alésia jurassienne par André Berthier. Emportés par la verve et la fougue de Frank Ferrand, homme de radio, les participants crurent entendre le pas des légionnaires romains. Cette soirée mémorable n’en restera pas là !..

Le retour de l’histoire événementielle chère à Malet-Isaac n’est qu’un des aspects de la reconquête du temps. Chacun, dont le temps quotidien est souvent fauché (quand il n’est pas écrasé), aspire à en re-disposer. Cela commence par des rencontres du type champagnolais. Il s’agit là d’une des multiples résurgences de l’éducation populaire quand elle est accompagnée de « médiateurs », rôles que s’est assigné le journaliste F. Ferrand.

Ensuite, cette reconquête du temps est une des formes de protection contre les excès de la mondialisation et les pertes de repères. Retrouver à quelques kilomètres de chez soi le lieu d’un grand événement historique a quelque chose de palpitant et réconfortant pour beaucoup qui ont enfin l’impression que le monde revient à leur dimension. C’est là où on voit que la thérapeutique sociale se nourrit de l’éducation populaire.

Vercingétorix jette ses armes aux pieds de César (tableau de Lionel Royer, 1899)

La duplicité des archéologues officiels

Indépendamment du fait qu’elle est dans la nature de la curiosité humaine, la vérité est ici stimulée par les hommes et les circonstances. L’idée qu’Alésia n’est plus dans l’Alésia officielle d’Alise Ste-Reine excite la rivalité entre Bourguignons et Comtois. Que cela ait été décidé par l’empereur Napoléon III, soucieux de jeter les bases de l’histoire de France racontée par Ernest Lavisse, suscite l’esprit de résistance propre à l’homme franc-comtois.

Celui-ci ricane devant le fait que les archéologues officiels aient jeté pêle-mêle des objets anachroniques dans les fossés d’Alise Ste-Reine. Voilà qui n’est pas sérieux, même si pour certains le site officiel avait été choisi pour meubler la ligne de chemin de fer Paris-Lyon-Marseille alors en construction…

Le courage intellectuel d’André Berthier

Dès lors la recherche de la vérité s’impose surtout lorsque l’hypothèse de Chaux-les-Crotenay Syam dans le Jura est émise par un homme de science, victime de diktats administratifs.

En effet, André Berthier, directeur de l’archéologie en Algérie pour le Constantinois, possède à son actif de nombreuses découvertes ainsi que la mise en valeur de sites majeurs. Savant plein d’humilité, attaché à recueillir documents de toutes sortes révélant le plus grand nombre de détails, il a mis au point une méthode qu’il a appliquée au site jurassien.

Ayant lu et relu la Guerre des Gaules, œuvre de César, il s’est attaché à dessiner une grille du site archéologique d’Alésia. Pour lui, à partir de mises au point philologiques, Alésia ne pouvait être qu’en Franche-Comté. En 1961, après avoir promené sa grille sur les cartes d’état-major, il s’aperçoit que celle-ci colle parfaitement à la topographie de Chaux-les-Crotenay-Syam. Bingo !

La foudre « officielle » électrise les énergies comtoises !

Malheureusement pour lui, c’est s’attirer les foudres des autorités officielles de la culture, ministres en tête sauf Malraux, non écouté par ses services. Tout se passe comme s’il fallait défendre à tout prix l’histoire officielle. Bref, la bataille se résume dans une interdiction absolue et répétée de procéder à toute fouille…

Cependant rien n’empêche à des initiatives privées, notamment l’association Alésia André Berthier (centre d’études et d’informations sur l’Alésia jurassienne animée par une universitaire Danielle Porte), de mobiliser un peu partout les partisans et outils.

Le public champagnolais a apprécié qu’on lui dévoile les résultats d’un style très particulier de fouilles ne nécessitant pas des autorisations officielles. Le grand public a pu voir sur écran les substructures des murs construits par César pour assiéger Vercingétorix.

Les Romains au laser

C’était là le résultat des sondages opérés par LYDAR, hélicoptère emportant des équipements laser permettant de photographier le dessous du tapis végétal

Ces images sont complétées par d’autres issues du procédé GéoRadar. Celui-ci fait apparaître les traces des brûlis. Effectivement, on a pu voir les « ombres » des palissades que les Romains brûlent à leur départ. Or, l’ensemble de ces documents photographiques correspondent aux Commentaires de César. On n’est peut-être pas encore dans la vérité mais on se trouve dans l’obligation d’aller plus loin.

Sur le plan de la recherche, voilà une excellente occasion pour l’Université, toue auréolée de sa récente autonomie, de prendre son envol dans des recherches pluridisciplinaires alliant belles lettres, archéologie, histoire et nouvelles technologies.

L’association menée par Danièle Porte a montré la voie. Elle doit être soutenue par un ensemble de chercheurs passant outre les directives administratives.

Alésia de Bourgogne, pompe à euros...

Quant aux collectivités territoriales très sollicitées, elles doivent s’en tenir à une élémentaire prudence tout en faisant preuve d’esprit d’ouverture. S’attacher à la recherche de la vérité est assez fascinant pour éventuellement envisager de nouvelles activités intéressant de nouveaux habitants.

La difficulté actuelle est que l’Alésia officielle bourguignonne est en train d’absorber une cinquantaine de millions d’euros pour créer un site de divertissement… Alors, qui gagnera !?

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