Carnets Jurassiens

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Ode à l’audace

Le vendredi 2 février 2018, par Gustave Roux

Aujourd’hui, sur une planète football où trônent les stats comme juge suprême, y a-t-il une place pour ceux dont les gestes titillent plus le cœur et les yeux que les feuilles de match ? Retour -et reconnaissance- sur ceux dont on ne parle pas assez...

Comme si le football n’était que buts... On accorde trop peu de reconnaissance à l’égard de tous les faiseurs d’or du rectangle vert. Eux, ces artistes, artisans de notre plaisir visuel, de notre éphémère adrénaline. Ceux qui font valoir le risque. Ceux qui inventent une roulette au milieu de leur propre surface entre 4 adversaires (El Kaoutari, si tu nous lis...). Ceux qui dénigrent ouvertement la mère de sûreté. Ceux, semblables à des saltimbanques pyromanes... C’est indéniable, plus le foot se « modernise », plus les buteurs marquent. Et moins on parle des Autres.

Hasta la Vista ?

Certes, les buts spectaculaires sont tendance, et, qui plus est, symboles d’une efficacité tangible. Mais ils sont enjolivés du fait de leur étiquette de « décisifs » -« productifs »-. Qualifiés de « magiques » uniquement parce qu’ils transforment les 0 en 1 (etc...), pauvre Mandrake... Nous, la plèbe, attribuerions ainsi des critères de jugement capitalistes au sport du pauvre ? Pourquoi le meilleur joueur devrait être celui qui marque -gagne- le plus (Gerd Müller plutôt que Juan Riquelme ?) ? Une vache à buts, sans caractère, mais productif ? Et la manière dans tout ça ? Ne pourrait-on pas récompenser le plus beau des perdants au moins autant qu’un laideron gagnant ? Une jauge de plaisir, à la façon d’un applaudimètre, serait la bienvenue au sein de toutes nos appréciations mornes et froides, limitées à de simples chiffres sur un bout de papier. Cependant, on se doit de concéder que les 3 points contribuent grandement au bonheur -les trophées encore plus-, mais faire l’impasse sur la manière ou le résultat est une concession qui s’approche plus de l’aberration que du choix cornélien, et il s’agit concrètement de faire la distinction quant au football ; entreprise pérenne, ou art complexe ?

Du pain et des buts pour le peuple.../Le soulèvement des machines

Mais les plus grands artistes sont souvent incompris... Preuve en est, notre quidam ; lui qui sait apprécier ce banal but d’Edinson Cavani ; une mine -elle serait anti-personnelle qu’elle n’aurait jamais aussi bien porté son nom- à l’entrée des 5,50m. Ou bien encore, cette finition de Romelu Lukaku qui, sous le crachin mancunien, a bien suivi une frappe vicieuse d’Henrikh Mkytharian. Pourquoi ne retient-il pas l’éminente vista de Javier Pastore, réussissant un subtil petit pont aux abords des ses 35m ? Il omettra certainement aussi celle du regretté Maxwell, exprimée via un tacle récupérateur, et aboutissant à un contre éclair. Une occasion annihilée, une occasion « créée », un geste technique. Pas de « preuves ». Le geste presque parfait ? Et la reconnaissance fut pour le buteur... Mais à faire des stats un élément de mesure universel, on risque à la fois de ne voir le football que peuplé de machines froides et sans âme, réglées sur un seul objectif ; les buts et la gloire résultante, mais aussi de passer à côté de l’essence même (pourtant si chaleureuse) de ce sport ; le Plaisir. Cerise sur le coup du chapeau, les artistes esthètes estiment, et expriment, apparemment « leur » beauté ailleurs que dans l’efficacité. Du moins, par rapport à ce que l’on qualifie de prolifique, ou efficace aujourd’hui. Alors, oui, marquer 40 buts par saison c’est fort, oui, le football évolue, mais quoi ? A contrario des stats -« l’art du mensonge »-, certains gestes restent eux intemporels, et vierges de -presque- toute subjectivité. Ainsi, El Matador pourra-t-il se targuer un jour de feintes de corps expédiant son vis-à-vis plonger dans le Styx ? Non. El Flaco, oui.

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