Carnets Jurassiens

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Philosophie de chair et de sang

...Alexandre (Jollien) le Bienheureux...

Le mercredi 22 décembre 2010, par Alice Breniaux

Si la réputation est la somme des malentendus accumulés sur son compte, Alexandre Jollien vient par son exemple conforté cette croyance. Handicapé de naissance à la suite d’une strangulation par cordon ombilical, le jeune homme, qui séjourna dix-sept ans dans une institution spécialisée, est connu avant tout par le grand public comme philosophe.

Auteur de nombreux ouvrages dans lesquels il tente de dessiner un art de vivre, un art de mieux vivre, Alexandre Jollien nourrit son œuvre du ferment de ses expériences quotidiennes.

Son dernier livre « Le philosophe nu » s’attache à comprendre comment vivre plus librement la joie, la liberté d’être soi quand les passions nous tiennent... Sous forme d’un journal intime, le philosophe nous entraîne au fil des pages dans une véritable mise à nu dans le dessein de nous proposer un traité des passions. En guise d’introduction une citation de Plotin invite chaque individu à devenir sculpteur de son propre être en vue de découvrir la beauté qu’il recèle. Le rôle du philosophe est ainsi défini. « Quelle place tiendra le philosophe dans la Cité ? Ce sera celle d’un sculpteur d’hommes. » Dès les premières pages Alexandre Jollien a l’humilité d’avouer sa jalousie des beaux corps. (« Je voudrais les bouffer, devenir ces corps. ». Phrase violente soulignant la rudesse d’un quotidien où quand il ne se compare pas à ces corps dits « normaux », il doit subir le poids des regards.

Convoquant tour à tour ses illustres aînés, Alexandre Jollien nous entraîne dans sa quête de détachement, dans son périple vers l’ataraxie. Les préceptes des penseurs deviennent une pharmacopée dans laquelle le jeune philosophe puise des remèdes pour apaiser ses "quintes existentielles" Nous assistons à ses doutes, ses progrès, ses interrogations, ses reculs... Les Stoïciens nous invitent à pratiquer le merismos, exercice spirituel réduisant les effets trompeurs de l’imagination par un retour au réel. Spinoza nous enseigne que l’acte de comprendre les passions contient déjà en lui-même un effet libérateur. Les passions sont transformées en instruments de vie avec Descartes qui professe qu’ "elles sont toutes bonnes" et qu’il nous appartient d’ eviter "leurs mauvais usages ou leur excès."

Puis délaissant les penseurs académiques occidentaux, Alexandre Jollien se tourne vers leurs semblables orientaux. Un moine bouddhiste révèle à notre jeune philosophe l’exercice de la non-dualité. Pratique exhortant le disciple à épouser la réalité par l’abolition des barrières intérieures. "Contempler le cèdre comme si j’étais cèdre." Houei-neng, père du bouddhisme chinois convie à briser le flux continu des pensées pour atteindre le détachement. Dans une interview pour "Philosophie magazine", Alexandre Jollien confia utiliser son corps comme outil de travail. L’exigence de tenir toute pensée pour une émanation du corps lui a donc permis de faire la paix en lui-même et avec lui-même...

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